Vers un retour possible à la location des logements classés G et F ?


Réforme DPE

Le gouvernement prépare un nouveau projet de loi concernant les logements classés F et G au DPE, souvent qualifiés de « passoires thermiques ». Face à la tension croissante du marché locatif et au ralentissement des rénovations énergétiques, l'exécutif envisagerait d'assouplir l'interdiction progressive de location de ces biens.

Aujourd'hui, près de 9 % du parc locatif privé est encore classé F ou G. Avec l'interdiction des logements F prévue à partir de 2028, ce sont environ 700 000 logements supplémentaires qui pourraient sortir du marché locatif, aggravant la pénurie de logements dans de nombreuses villes.

Le nouveau texte envisagé permettrait aux propriétaires bailleurs de continuer à louer un logement classé G, à condition de démontrer un engagement réel de rénovation énergétique.

Concrètement, le bailleur devrait signer un contrat de travaux avec une entreprise :

  • sous 3 ans pour une maison individuelle,
  • sous 5 ans pour un logement en copropriété.

Cette évolution vise à éviter une crise du logement locatif tout en maintenant un objectif d'amélioration énergétique du parc immobilier.

Cependant, plusieurs professionnels de l'immobilier et de la rénovation énergétique soulignent les limites du dispositif.

Un simple devis ne garantit pas l'obtention d'un meilleur DPE après travaux.

Des bureaux d'études spécialisés proposent désormais des accompagnements permettant de sécuriser l'atteinte d'une classe énergétique D ou E.

Autre difficulté : réaliser des travaux de rénovation pendant la location peut s'avérer complexe. Isolation intérieure, électricité, peinture ou rénovation des pièces techniques entraînent souvent des nuisances importantes pour les occupants.

Dans la pratique, de nombreux experts estiment qu'une rénovation énergétique reste plus efficace entre deux locations.

Ce projet de loi relance également le débat sur l'équilibre entre exigences environnementales et réalité économique des propriétaires bailleurs.

Certains ont déjà investi dans leur logement sans anticiper les nouvelles règles du DPE, tandis que d'autres repoussent encore les travaux malgré les obligations à venir.


[31/05/2026]