La FNAIM tire la sonnette d'alarme


La reprise du marché déjà fragilisée ?

Après une année 2025 marquée par le retour des acquéreurs et une nette amélioration de l'activité immobilière, le marché semble montrer des signes d'essoufflement au premier semestre 2026. Selon la FNAIM, les incertitudes économiques, géopolitiques et financières pourraient compromettre la reprise observée ces derniers mois.

Un ralentissement des ventes immobilières

Alors que le nombre de transactions immobilières avait retrouvé un niveau élevé début 2026, la dynamique s'est brusquement interrompue.

En seulement quelques semaines, le volume des ventes a reculé, conduisant la FNAIM à revoir ses prévisions annuelles à la baisse.

Cette situation s'explique notamment par un climat international incertain, le retour de tensions inflationnistes et une prudence accrue des ménages dans leurs projets d'achat immobilier.

Des prix relativement stables mais un pouvoir d'achat en recul

À l'échelle nationale, les prix de l'immobilier affichent une quasi-stabilité sur un an.

Les appartements continuent même de progresser légèrement, tandis que les maisons enregistrent un léger recul.

Cependant, cette stabilité masque une réalité différente : avec une inflation toujours présente, le pouvoir d'achat immobilier des ménages continue de diminuer.

En pratique, même lorsque les prix n'augmentent pas, les acheteurs peuvent financer moins de surface ou moins de prestations à budget équivalent.

La remontée des taux de crédit inquiète les professionnels

L'un des principaux sujets de préoccupation concerne le financement immobilier. Après plusieurs mois de baisse, les taux de crédit repartent à la hausse, réduisant progressivement la capacité d'emprunt des ménages.

Cette évolution pénalise particulièrement les primo-accédants et les classes moyennes, déjà confrontés à des conditions d'octroi strictes.

Pour de nombreux ménages, devenir propriétaire devient de plus en plus difficile.

Une crise du logement plus qu'une crise immobilière

Pour la FNAIM, les difficultés actuelles dépassent désormais le simple cadre du marché immobilier.

La baisse de l'investissement locatif, la raréfaction des logements disponibles à la location et le recul de l'accession à la propriété alimentent une véritable crise du logement.

Les jeunes actifs et les ménages modestes sont les premiers touchés, avec des conséquences directes sur la mobilité professionnelle, l'accès à l'emploi et les parcours résidentiels.

Des réformes saluées mais des attentes persistantes

La profession accueille favorablement plusieurs mesures récemment engagées par le Gouvernement, notamment autour du statut du bailleur privé, de l'évolution du DPE ou encore du soutien à la rénovation énergétique.

Toutefois, la FNAIM estime que des réformes complémentaires restent nécessaires pour relancer durablement le marché immobilier, soutenir l'investissement locatif et faciliter l'accès à la propriété.

Un second semestre décisif pour l'immobilier

L'évolution des taux d'intérêt, de l'inflation et du contexte international sera déterminante dans les prochains mois. Si les conditions se stabilisent, le marché pourrait préserver une partie de la reprise observée en 2025.

À l'inverse, de nouvelles tensions économiques pourraient freiner durablement l'activité.

Pour les professionnels de l'immobilier comme pour les acquéreurs, le second semestre 2026 s'annonce donc particulièrement stratégique.


[07/07/2026]