Une reprise solide, mais sous conditions...


Immobilier ancien

Le marché de l'ancien repart… dans un contexte incertain

Après une phase de net ralentissement, le marché immobilier ancien affiche depuis 2024 un redressement marqué de son activité. Les volumes de ventes progressent et les prix repartent à la hausse dans une large majorité de territoires.

Selon l'analyse de Michel Mouillart, cette reprise semble engagée, même si sa durabilité interroge dans un environnement économique et financier toujours fragilisé.

La France évolue en effet dans un climat dominé par une instabilité politique persistante,une dette publique sous surveillance, des perspectives économiques moins favorables que dans d'autres pays européens.

Malgré cela, le marché de l'ancien démontre une capacité de résistance notable.

Un retournement de tendance amorcé dès 2024

Alors que les prix des logements anciens avaient reculé de plus de 8 % entre 2022 et début 2024, la tendance s'est inversée dès le printemps 2024.

Depuis, les prix ont progressé de plus de 7 % en 18 mois, retrouvant leurs niveaux de fin 2022, aussi bien pour les appartements que pour les maisons.

Cette reprise des prix concerne désormais : la grande majorité des grandes villes,les territoires ruraux,la province comme l'Île-de-France.

Elle accompagne un déblocage progressif du marché, favorisé par le retour des vendeurs et des acquéreurs disposant d'un apport plus confortable.

Des ventes en forte hausse, malgré un crédit plus contraint

Contrairement au secteur de la construction neuve, toujours pénalisé, les ventes de logements anciens progressent rapidement.

D'après les indicateurs de l'Observatoire LPI, les transactions réalisées par les particuliers augmentent de près de 15 % sur un an.

Cette dynamique repose sur plusieurs facteurs :

un effet de rattrapage après la crise,une pénurie persistante de logements disponibles,l'éviction partielle des ménages modestes, remplacés par des profils plus solvables.

Toutefois, malgré cette amélioration, le niveau d'activité reste inférieur d'environ 20 % à celui observé avant 2020.

Un environnement économique peu porteur à moyen terme

La poursuite de la reprise se heurte néanmoins à des freins structurels :

une croissance économique faible,une remontée progressive du chômage,un pouvoir d'achat sous pression,et des conditions de financement appelées à se durcir à nouveau à partir de 2027.

Si les taux de crédit ont reculé en 2025, ils devraient se stabiliser en 2026, avant une remontée progressive, limitant les marges de manœuvre des futurs acquéreurs.

Un risque de rechute limité, mais une reprise encadrée

Malgré ce contexte, le scénario d'un nouveau retournement du marché apparaît peu probable.

La production de crédits immobiliers progresse à nouveau, même si son rythme ralentit, et le marché de l'ancien devrait continuer à en bénéficier.

Les projections indiquent une hausse cumulée des acquisitions de logements anciens d'environ 16 % entre 2024 et 2027, avec un retour vers les niveaux de 2020.

La reprise resterait toutefois progressive et sélective, portée par l'offre bancaire et une demande toujours forte dans un marché structurellement sous-offreur.

À retenir

Le marché de l'ancien est clairement entré en phase de redressement.Les ventes et les prix repartent, malgré un contexte économique dégradé.La reprise devrait se poursuivre, mais sans excès, dans un environnement de crédit toujours encadré.

Plus que jamais, l'accompagnement par un professionnel local est essentiel pour sécuriser un projet d'achat ou de vente.

 


[10/02/2026]