Une charge de plus en plus lourde pour les propriétaires


Taxe foncière

(Analyse Meilleurtaux – juillet 2025)

Dans un contexte marqué par la baisse des taux de crédit immobilier et le recul des prix de l'immobilier, un poste de dépense pèse de plus en plus lourd dans le budget des propriétaires : la taxe foncière.

Selon une récente étude menée par Meilleurtaux dans 32 grandes villes françaises, cette taxe peut désormais représenter jusqu'à 3,1 mensualités de crédit, un niveau particulièrement impactant pour les acquéreurs, et plus encore pour les primo-accédants.

Une hausse structurelle appelée à durer

Chaque année, la taxe foncière progresse, et cette tendance ne semble pas s'inverser. D'après l'INSEE, le coefficient de revalorisation des valeurs locatives, base de calcul de la taxe foncière, devrait atteindre +1,7 % en 2025, sans compter les hausses votées localement par les collectivités.

Résultat : la pression fiscale repose de plus en plus exclusivement sur les propriétaires, atténuant fortement les gains liés à la suppression de la taxe d'habitation.

En moyenne 118 € par mois de taxe foncière

Pour un logement type de 70 m², la taxe foncière atteint en moyenne 118 € par mois dans les villes étudiées, contre 113 € l'an dernier, soit une hausse proche de 5 % en un an.

Dans le même temps, les taux de crédit immobilier ont reculé (environ 3,25 % en moyenne, contre 3,75 % un an plus tôt). Cette évolution paradoxale renforce mécaniquement le poids relatif de la taxe foncière dans le coût global de la propriété.

Jusqu'à 3,1 mensualités de crédit selon les villes

En moyenne, la taxe foncière représente désormais 1,3 mensualité de crédit, contre 1,1 l'an dernier, pour un achat financé sur 20 ans.

Mais les écarts territoriaux sont très marqués :

Saint-Étienne atteint un record avec 3,1 mensualités, après une hausse de plus de 18 % en 2024,Nîmes, Le Havre et Perpignan dépassent également les 2 mensualités de crédit.

À l'inverse, les grandes villes aux prix élevés comme Paris, Lyon, Nice ou Aix-en-Provence apparaissent mieux protégées, les mensualités de prêt y étant très élevées. Toutefois, des hausses locales significatives peuvent rapidement modifier l'équilibre, comme à Nice, où une augmentation de 21 % de la taxe foncière ajoute l'équivalent de 0,2 mensualité supplémentaire.

Un véritable saut de charge pour les primo-accédants

Pour les primo-accédants, la taxe foncière constitue un choc budgétaire souvent sous-estimé. En tant que locataires, ils n'y étaient pas confrontés.

Exemple à Nantes :

mensualité moyenne de crédit : 1 335 €,mensualité réelle intégrant la taxe foncière : 1 484 €, soit 148 € par mois supplémentaires à anticiper.

Le rôle clé des professionnels de l'immobilier

Face à cette fiscalité locale en forte hausse, les professionnels de l'immobilier ont un rôle essentiel à jouer : intégrer systématiquement la taxe foncière dans les simulations financières,sensibiliser les acquéreurs au coût réel de la propriété, accompagner les primo-accédants avec une approche globale et sécurisée de leur projet.

Conclusion : dans un marché plus favorable à l'achat sur le plan des taux et des prix, la taxe foncière devient un critère déterminant à ne plus négliger pour réussir son projet immobilier.

 


[14/02/2026]