Reprise en 2024, ralentissement attendu en 2025 dans un contexte d'incertitudes

Après une année 2024 marquée par un net redressement du marché immobilier ancien, les perspectives pour 2025 apparaissent plus contrastées. Selon l'analyse conjoncturelle de Michel Mouillart, la dégradation de l'environnement économique, politique et financier pourrait freiner la reprise amorcée, malgré des conditions de crédit encore relativement favorables.
Une reprise portée par le crédit immobilier en 2024
En 2024, l'amélioration des conditions de financement immobilier a soutenu la reprise de la demande. La baisse des taux de crédit immobilier — tombés à 3,32 % en décembre selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA — combinée à l'allongement des durées d'emprunt (252 mois en moyenne) a favorisé le retour des acquéreurs et relancé la production de prêts immobiliers (+7,2 % sur un an dans l'ancien).
Cependant, la remontée des prix des logements anciens a limité les gains de solvabilité des ménages. Si le coût annuel d'un emprunt s'est allégé par rapport à 2023, il demeure nettement supérieur aux niveaux d'avant-crise. Parallèlement, la baisse de l'apport personnel a élargi l'accès au crédit, tandis que le profil des acquéreurs a évolué avec le retour des ménages aisés dans les grandes agglomérations.
Des perspectives économiques plus incertaines en 2025
Les scénarios macroéconomiques pour 2025 et 2026 anticipent un ralentissement de la croissance française (+0,7 % en 2025, +0,8 % en 2026) et une remontée du chômage au-delà de 8 %. Dans ce contexte d'incertitudes politiques et budgétaires, la demande immobilière devrait rester prudente.
La Banque centrale européenne devrait poursuivre la baisse progressive de ses taux directeurs, mais sans desserrer significativement les conditions d'accès au crédit. Le taux moyen des crédits immobiliers pourrait ainsi s'établir autour de 2,85 % fin 2025, tandis que l'OAT à 10 ans resterait au-dessus de 3 %.
Un redressement lent et progressif du marché immobilier
Malgré l'absence de récession attendue, la reprise du marché immobilier devrait ralentir nettement. La production de crédits immobiliers progresserait moins vite qu'anticipé (+10,7 % contre +20,7 % estimés auparavant), avec une perte d'activité estimée à environ 14 milliards d'euros en 2025.
Sur le terrain, l'activité resterait modérée :
- +3 % au mieux sur le marché de l'ancien et du neuf en 2025,
- progression lente des transactions immobilières,
- stagnation probable du marché des travaux en 2025 et 2026.
Dans ce contexte, le secteur immobilier pourrait connaître plusieurs années de reprise progressive plutôt qu'un rebond rapide.
[21/03/2026]