Pourquoi les ménages français empruntent moins en 2025-2026

Crédit immobilier et crédit à la consommation

Selon l'Observatoire des Crédits aux Ménages (OCM), le recours au crédit en France poursuit sa baisse et atteint en 2025 son plus bas niveau depuis 1989. Le taux de détention global recule pour la 7ᵉ année consécutive à 40,4 %, confirmant l'évolution des comportements des ménages dans un contexte marqué par l'incertitude économique, la remontée des taux et le ralentissement du marché immobilier.

Malgré ce repli, plus de 12,5 millions de ménages détiennent encore un crédit en 2025, dont 6,91 millions en crédit immobilier et 3,62 millions en crédit à la consommation. Toutefois, la baisse s'explique par plusieurs facteurs structurels : recul de la primo-accession, durcissement des conditions d'octroi, hausse des prix immobiliers et transformation des stratégies d'achat des ménages.

Crédit immobilier : une demande plus prudente

Après avoir résisté jusqu'en 2020, le taux de détention des crédits immobiliers a progressivement reculé dès 2021 sous l'effet du resserrement bancaire, de la hausse des taux et des incertitudes économiques et géopolitiques. Si une stabilisation a été observée en 2024 avec un regain d'activité dans l'ancien et le neuf, la tendance baissière s'est confirmée en 2025.

La structure de la demande évolue également : la primo-accession recule nettement, tandis que les projets immobiliers précédés d'une revente prennent davantage de poids.

Crédit à la consommation : niveau historiquement bas

La détention de crédits à la consommation tombe à 18,1 % en 2025, un record historique à la baisse. Cette évolution s'inscrit dans une tendance de long terme renforcée par les lois Lagarde et Hamon, la montée de l'inflation et la prudence budgétaire des ménages.

Aujourd'hui, ces crédits servent principalement à financer des projets durables (automobile, équipement, travaux), tandis que leur usage pour les dépenses courantes continue de diminuer.

Moral des ménages et perception des charges

En 2025, le climat d'incertitude économique a pesé sur le moral des ménages et leurs projets immobiliers. Si la perception de la situation financière s'est légèrement dégradée, la majorité considère encore ses charges de remboursement supportables (85,1 %).

Intentions de souscription en recul

Les intentions d'emprunt restent faibles début 2026 : 2,8 % pour le crédit immobilier et 3,0 % pour le crédit à la consommation, des niveaux très inférieurs aux moyennes historiques. Cette prudence traduit une stratégie d'attentisme face à la conjoncture et contribue au ralentissement de l'investissement immobilier et locatif.

À retenir pour les professionnels de l'immobilier : la baisse du recours au crédit confirme l'évolution du marché vers des acquéreurs plus solvables et plus attentistes. Adapter son accompagnement, sécuriser les projets et anticiper les arbitrages patrimoniaux devient essentiel.

 


[28/04/2026]