La FNAIM appelle à un sursaut collectif pour sauver le logement

Analyse et positions de Loïc Cantin, président de la FNAIM
L'immobilier traverse l'une des crises les plus violentes de son histoire récente. Pour Loïc Cantin, président de la FNAIM, l'année 2025 a été « destructrice » : près de 3 000 entreprises ont disparu et 15 000 emplois ont été perdus, selon l'Urssaf. Aucun modèle n'a été épargné. La Fédération a elle-même enregistré une baisse de 10 à 12 % de ses effectifs, une situation inédite.
Malgré ce contexte, la FNAIM reste la première organisation patronale de l'immobilier, représentant près de 48,4 % des salariés du secteur, soit plus de 48 000 professionnels. Une légitimité qui renforce son rôle auprès des pouvoirs publics, à l'heure où la défense des métiers de l'immobilier est plus que jamais essentielle.
Pourquoi l'engagement syndical reste indispensable
Face à des politiques publiques souvent déconnectées des réalités du terrain, Loïc Cantin rappelle que le regroupement des professionnels est un levier décisif. L'enquête de l'Autorité de la concurrence de 2023, qui menaçait le modèle de l'entremise immobilière, a montré que l'action collective permet encore d'influencer les décisions et d'éviter une déréglementation dangereuse pour la profession.
Formation immobilière : un socle indispensable
La FNAIM salue la publication imminente du décret sur la formation obligatoire des nouveaux professionnels de l'immobilier. Celui-ci devrait imposer 42 heures de formation, dont une part significative en présentiel, pour les collaborateurs de moins de 18 mois d'expérience.
Pour la Fédération, cette exigence constitue un minimum vital pour garantir compétence, professionnalisme et qualité de service, dans un environnement juridique et réglementaire toujours plus complexe (Loi Climat & Résilience, fiscalité 2026, DPE, etc.).
Innovation et relève générationnelle
Anticipant les mutations du secteur, la FNAIM a lancé Propulse Invest, un fonds dédié aux startups immobilières, ainsi qu'une Commission Jeunes, composée de professionnels de moins de 40 ans. Objectif : préparer l'avenir, intégrer les nouvelles technologies et assurer la relève syndicale, à l'approche du 80ᵉ anniversaire de la Fédération.
Logement, fiscalité et urgence sociale
La FNAIM juge insuffisantes les mesures du projet de loi de finances 2026, notamment sur le statut fiscal du bailleur privé. Selon Loïc Cantin, le texte néglige le parc ancien, pourtant premier réservoir de logements immédiatement disponibles, et oublie les primo-accédants, alors que le taux de propriétaires en France est tombé à 57 %.
DPE, passoires énergétiques et encadrement des loyers
À l'approche de l'interdiction de louer les logements classés F et G, la FNAIM alerte sur un risque majeur de contraction de l'offre locative. La Fédération appelle à suspendre la notion d'indécence énergétique, dénonçant une politique fondée sur la sanction plutôt que l'incitation à la rénovation.
Même critique concernant l'encadrement des loyers, jugé contre-productif dans un marché déjà en panne. Pour la FNAIM, la priorité doit être claire : construire davantage de logements et soutenir l'ensemble de la chaîne du logement.
Conclusion : pour Loïc Cantin, « la maison brûle ». Seule une politique du logement équilibrée, stable et réaliste permettra de relancer l'investissement, l'accession à la propriété et l'offre locative.
[04/02/2026]