Vers un plan de relance pour 2 millions de logements d'ici 2030


Construction de logements

Après plusieurs années de recul, la construction de logements en France pourrait entrer dans une nouvelle phase. Un plan de relance annoncé le 23 janvier 2026 vise un objectif très ambitieux : 2 millions de logements construits d'ici 2030, soit environ 400 000 mises en chantier par an. Cette annonce intervient dans un contexte de crise du logementdevenue structurelle, avec un déficit estimé à près de 1,5 million de logements.

2024, année noire : la chute des mises en chantier au plus bas

L'année 2024 restera comme un point bas historique pour le secteur. La baisse de la construction a touché tous les segments (neuf, promotion, logement social), avec un niveau de démarrage de chantiers comparable à celui des années 1950. Dans le même temps, la crise a bloqué la mobilité résidentielle (difficulté à acheter, vendre, louer, déménager), aggravant les tensions sur le marché.

2025 : premier retournement grâce au crédit et au PTZ

En 2025, la tendance s'inverse doucement. Plusieurs facteurs ont joué :

  • une amélioration progressive des conditions de financement (baisse puis stabilisation des taux,
  • regain du crédit immobilier),
  • la dynamique des banques dès 2024,
  • et des mesures publiques (notamment l'élargissement du PTZ aux zones B2 et C, l'assouplissement du ZAN, le soutien aux maires bâtisseurs, ou encore certains ajustements fiscaux).

Résultat : le nombre de logements commencés remonte à 279 700 en 2025 (contre 261 400 en 2024, selon le SDES). La hausse provient surtout d'un redémarrage de l'accession à la propriété, via la reprise de la primo-accession et le déblocage du marché de la revente dans l'ancien.

Maisons individuelles en reprise, promotion toujours en difficulté

Le marché de la maison individuelle se distingue nettement : les ventes auraient progressé fortement en 2025 (+33,3 %).

À l'inverse, la promotion immobilière peine à rebondir : prix élevés, offre parfois mal adaptée (typologie/localisation), et recul de l'investissement locatif depuis la fin du Pinel.

Le logement social, lui, reste freiné par les incertitudes budgétaires et les délais administratifs entre agréments et démarrage réel des chantiers.

2026–2028 : une reprise prudente, sous contrainte économique

Les perspectives macroéconomiques restent mitigées :

  • croissance modérée,
  • prudence des ménages,
  • pouvoir d'achat peu dynamique
  • possible remontée progressive des taux à partir de 2027

Dans ce scénario, la construction progresserait sans accélération brutale : autour de 307 000 logements commencés en 2026, pour atteindre environ 336 000 à l'horizon 2028.

Le plan 2030 : logement social, investissement locatif et simplification

Pour atteindre 2 millions de logements, le plan mise sur 3 leviers :

  • Renforcer les moyens des bailleurs sociaux (ex : ajustement de la RLS, enveloppes supplémentaires),
  • créer un avantage fiscal pour l'investissement locatif privé via le dispositif Jeanbrun (amortissement annuel selon le type de logement, engagement de location de 9 ans),
  • simplifier les normes pour faciliter et accélérer les projets.

La clé : relancer fortement l'accession à la propriété

Le texte insiste sur un point : l'objectif 2 millions est difficilement atteignable sans une vraie montée en puissance de l'accession à la propriété, en particulier pour les primo-accédants.

Cela suppose un PTZ durable, une offre accessible, et des conditions de crédit moins pénalisantes pour les ménages qui manquent d'apport.

En résumé : le marché de la construction repart, mais la reprise reste fragile. Le succès du plan dépendra de la stabilité des règles (PTZ, fiscalité), du financement, et de la capacité à remettre en route l'appareil de production pour répondre à la crise du logement.


[07/03/2026]